Mis en avant

Justice, droit et relations

Il y a 27 ans, je prêtais serment au Barreau de Bruxelles. J’embrassais la carrière d’avocat, rempli d’enthousiasme, avec l’ambition de défendre le plus vulnérables, en particulier les étrangers en situation de séjour précaire.

Cet attachement à la Justice s’est décliné de plusieurs manières. C’est ainsi que j’ai notamment passé 18 ans dans la magistrature où j’ai occupé de nombreuses fonctions, jusqu’à celles de chef de corps.

Autant dire que j’ai vu des miliers de personnes passer entre les mains de la justice. Ce qui m’a frappé, ce sont ces mines tristes ou en colère, ces anciens amants qui se déchirent, ces victimes qui cherchent tantôt la réparation, tantôt la vengeance, ces anciens partenaires en affaires qui se vouent réciproquement aux gémonies,…

Mais aussi des avocats, passionnés ou dépités, des magistrats idéalistes ou pantouflards, ces égos qui se déploient, ces blessures secrètes et qui se lisent néanmoins.

Vintgt-sept ans de procès, de déceptions pour les uns, de victoires à la Pyrrhus pour les autres, de conflits qui ne devraient pas arriver devant un tribunal, ou qui n’auraient pas même dû naître.

C’est ce qui me motive aujourd’hui à proposer de nouveaux chemins.

D’abord, par la pratique du coaching, en accompagnant des magistrats, des avocats, mais aussi des entrepreneurs ou de simples particuliers à prendre leur vie en main et à poser des choix conscients.

Ensuite en suscitant la création ou la transformation de relations paisibles, dans la conscience de leurs motivations sous-jacentes, en fournissant les outils juridiques adéquats, notamment à l’aide des Conscious Contracts. Des contrats fondés sur la richesse des partenariats et non sur la peur de la défaillance de l’autre, motivés par la recherche de collaborations sincères et non la quête d’un profit rapide.

Oeuvrer à la Justice reste mon ambition majeure. Seule la forme a changé pour être plus en phase avec les besoins émergents de la société, que l’institution judiciaire ne me semble guère à même de rencontrer aujourd’hui, pas plus que les pratiques traditionnelles du métier d’avocat. Avec en outre une attention particulière portée au bien-être des acteurs de justice eux-mêmes: être davantage en paix avec soi-même me semble la condition pour apporter la paix autour de soi.

Si vous aussi,

… vous êtes avocat ou magistrat et vous vous posez des questions sur votre pratique ou votre place dans l’institution…

… vous êtes entrepreneurs et les outils juridiques que l’on vous propose vous paraissent inadéquats et contribuent à créer des litiges plutôt qu’à les éviter…

…vous vous posez des questions sur vos orientations de vie, privée ou professionnelle…

Contactez-moi pour explorer ensemble de nouvelles pistes !

Mon rêve le plus cher

Prochain séminaire: 19 & 20/03/2022

La formule de ce séminaire, éprouvée depuis plusieurs années, consiste à explorer et expérimenter les deux outils du Peter Koenig System®: la relation inconsciente à l’argent et les principes « source ».

Notre relation à l’argent est largement mue par notre insconscient: en fonction de notre histoire, de notre éducation, de nos expériences avec l’argent, nous avons construit un système de croyances autour de l’argent que nous confondons avec une vérité absolue. Peter Koenig a montré comment explorer ces « projections » inconscientes sur l’argent et les neutraliser. Ce processus nous amène à opérer des choix plus conscients et plus libres lorsqu’une décision implique de l’argent.

Ce processus libérateur peut utilement être mis au service de notre « source », Notre source est ce qui nous nourrit, ce que nous envisageons comme contribution à notre épanouissement et à celui du monde. Partant de là, nous sommes amenés à exprimer notre vision, à prendre des initiatives et à construire des partenariats avec d’autres personnes, pour un enrichissement, avec et sans argent!

S’ouvre alors à vous la possibilité de réaliser votre « rêve le plus cher »!

Ce séminaire est pour vous si:

  • vous manquez de clarté sur la manière dont vous voulez mener votre vie, privée ou professionnelle
  • vous avez des difficultés à gérer des situations (privées ou professionnelles) impliquant de l’argent, qu’il s’agisse d’en demander, d’en recevoir, d’en donner ou d’en refuser
  • votre projet de vie, privé ou professionnel, vous semble patiner ou vous épuiser
  • l’organisation de votre projet professionnel n’est pas satisfaisante
  • vous rencontrez des difficultés avec vos partenaires, privés ou professionnels et vous ne voyez pas d’issue paisible
  • vous vous posez des questions sur la suite de votre vie privée ou professionnelle
  • vous êtes dans l’instatisfaction dans les situations où l’argent entre en jeu

Ce séminaire est animé avec Catherine BURTON (cabinet B JUST).

Plus d’infos et inscriptions:

Entre cohérence et pertinence, faut-il choisir?

Les biais cognitifs nous empêchent de « voir la réalité en face » dans sa complexité. Couplés à des croyances limitantes, ils nous amènent à agir de manière stéréotypée et souvent inadéquate. Quelques réflexions sur le biais « de confirmation. »

Si je vous invite à choisir entre ces deux définitions de la « compétence », quel serait le choix le plus probable:

  • est compétente la personne qui s’entoure du plus grand nombre d’informations disponibles, prend en considération celles qui sont éventuellement contradictoires, pour opérer le choix le plus pertinent dans des circonstances données;
  • est compétente la personnes qui reste sur la ligne de conduite et assure ainsi une démarche cohérente, quand bien même les informations disponibles commanderaient d’en changer?

Je suppose que votre choix « rationnel » vous amènera à préférer la première défintion. Et pourtant, dans la vraie vie, nous avons tendance à nous comporter selon la seconde définition. La cause en est le biais cognitif dit « de confirmation ».

Il s’agit d’un mécanisme qui guide inconsciemment notre perception de la réalité et, en conséquence, nos prises de décision. Ce biais consiste à ne retenir, dans un flot d’informations, que celles qui sont de nature à confirmer une hypothèse de départ. Il repose au premier chef sur une réalité physiologique qui impose au cerveau de sélectionner certaines informations devant son incapacité à les traiter toutes dans leur quantité et leur complexité.

Face à une situation problématique, nous devons donc opérer un choix dans les informations que nous allons retenir comme pertinentes, sous peine d’être paralysés dans l’action. Les mécanismes sous-jacents à ce processus ne sont pas toujours très clairs. Il paraît certain toutefois que ces choix sont guidés:

  • par l’accessibilité et la fluidité de l’information: plus une information est aisément disponible, plus il est probable que nous la retenions;
  • par la conformité de l’information avec nos croyances préexistantes: nous ferons le choix de la cohérence interne entre les informations dont nous disposons et notre perception du monde.

Contrairement à ce que nous pensons, nous sommes donc spontanément très peu rationnels dans ces choix. La rationnalisation constitue un processus secondaire qui vise à justifier notre opinion et assurer la cohérence de notre système de pensée. Ainsi, je trouverai très souvent, dans l’information disponible, celle qui me permet de passer pour quelqu’un de sensé auprès de mes interlocuteurs. Dans un monde qui fait prévaloir une telle pensée de nature rationnelle – voire scientifique -, je me montrerai capable, arguments à l’appui, d’étayer mon opinion et ma décision. Dans ce contexte, il est prudent de ne pas se fier à un discours uniquement parce qu’il se drappe des atours de la science. Un raisonnement peut avoir l’apparence d’une démarche scientifique tout en étant infesté de biais de confirmation puisque celui-ci aménera l’individu à choisir dans une panoplie d’information apparemment d’égales valeurs celles qui étayent sa position initiale, et à rejeter les autres.

Les dangers du biais de confirmation

Au-delà des situations que je rencontre en coaching, j’ai souvent constaté ce type de comportements dans l’activité policière et judiciaire. Le biais de confirmation présente évidemment d’autant plus de danger que l’individu concerné exerce des responsabilités susceptibles d’avoir un impact collectif. Ainsi, lorsqu’un enquêteur a « l’intuition » qu’une personne est coupable, sa recherche de preuves va automatiquement s’orienter vers la découverte de toute une série d’éléments qui vont confirmer cette hypothèse.

L’enquête véritablement « à charge et à décharge » nécessite sur un plan individuel une grande discipline et une bonne connaissance de soi et, sur un plan collectif, le partage des responsabilités dans les prises de décision afin d’assurer la confrontation des opnions. Cette dernière dimension ne fonctionne toutefois que pour autant que parmi les personnes impliquées dans la démarche, un nombre suffisant soient susceptibles d’avoir une opinion différente de celle qui est initialement envisagée. Il existe en effet une dimension collective au biais de confirmation de sorte qu’un grand nombre d’individus peuvent ensemble y verser, avec, paradoxalement, un effet de renforcements réciproques.

Nous assistons encore tous les jours à la manifestation du biais de confirmation dans le chef de personnalités politiques ou économiques, ou même dans le monde scientifique. La rhétorique fourmille d’ailleurs de solutions discursives susceptibles de dissimuler ce biais sous le masque de la rationnalité.

Sauf les cas de manipulation consciente, la personne aux prises avec un biais de confirmation est généralement de bonne foi. Les arguments rationnels à l’encontre de sa position ont peu de chance de la convaincre d’en changer.

Il est très difficile de s’extraire de ce biais dès lors que, par définition, nous sommes généralement aveugles à son existence. Plus notre désir inconscient de paraître cohérent aux yeux du monde et à nos propres yeux est important, plus il est malaisé pour nous d’intégrer une information qui ne colle pas à notre vision de la réalité et, surtout, qui risquerait de provoquer un changement dans notre ligne de conduite. Très souvent, le changement de décision est perçu comme un signe d’incompétence et la dernière chose que nous voulons consiste précisément à être perçus comme tels… Cette perception de nous-mêmes comme incompétents si nous changeons de ligne de conduite repose également sur une croyance limitante: je me considère moi-même comme incompétent si je change d’avis, et je porte le même regard sur les autres. Il est utile dans ce contexte d’approfondir la notion « d’incompétence »: qu’est-ce qui se cache derrière ce mot; avez-vous déjà eu l’impression d’être incompétent; aux yeux de qui; qu’est-ce qui s’est passé pour vous à ce moment-là, etc…? Par ce questionnement, nous pouvons réaliser qu’il existe mille manières d’être incompétent et surtout que derrière une première croyance quant à l’incompétence peut se cacher une autre idée de la compétence. Ce processus est intimement lié à l’image de soi: je suis attaché à l’idée de paraître cohérent et commettre un faux pas dans ce contexte suscite un sentiment de culpabilité, voire de honte.

Nous pensons souvent que changer de ligne de conduite constitue l’aveu d’une erreur de jugement. Or, rien n’est moins vrai. Prendre le temps de regarder la réalité telle qu’elle est et, au besoin, changer de stratégie, cause souvent moins de dégâts que persister dans une stratégie qui repose sur un déni de réalité.

Il ne s’agit ici que d’effleurer ce thème, tant il est vaste et mériterait des développements plus amples. Ces quelques réflexions peuvent toutefois vous inviter à une prise de distance par rapport à certaines de vos décisions, passées ou actuelles. Posez-vous simplement la question: quelle information aurait pu me faire changer d’avis?

Mon rêve le plus cher

Séminaire les 11 & 12 décembre 2021

Venez explorer avec nous les initiatives qui germent en vous et que vous rêvez de développer,

  • construire votre projet sur des fondations soldides
  • créer des partenariats durables et fructueux
  • fluidifier les mouvements d’argent dans et autour de vos projets
  • mobiliser les ressources disponibles au service de votre projet

Et si l’argent devenait le nerf de la paix?

(c) MICHAEL KEMTER

Nous serons certainement nombreux à affirmer, avec la sagesse populaire, que l’argent est le nerf de la guerre.

Quand on y réfléchit pourtant, ce célèbre proverbe peut revêtir de multiples significations…

… le nerf c’est ce qui fait mal… mais aussi ce qui active! Et donc l’argent est un activateur et j’en veux toujours plus!

… être « sur les nerfs », c’est être tendu, « é-nervé »… Et donc l’argent m’énerve et je préfère ne pas en avoir!

… un « paquet de nerfs », c’est un beaucoup d’argent? Et donc, beaucoup d’argent, c’est beaucoup de guerre!

… Mais la guerre? Quelle guerre? Contre qui? Pour quoi?

N’y a-t-il pas d’autres nerfs que l’argent à cette fameuse guerre? L’égoïsme, le ressentiment, la volonté de domination, le pouvoir,…, ne serait-ce pas autant de nerfs de la guerre que l’argent?

Et si l’argent, au contraire, était le nerf de la paix?

Depuis de nombreuses années, j’ai eu la chance de suivre les enseignements de Peter Koenig au sujet de notre relation (inconsciente) à l’argent. Depuis sa European Master Class que j’ai suivie tout au long de l’année 2016 jusqu’à nos rencontres régulières depuis lors (notamment par l’entremise de Catherine Burton – B JUST), j’ai pu affiner et approfondir ma compréhension de la pensée de Peter et la pratique des outils qu’il nous offre.

Après de nombreuses heures de réflexion et de pratique, j’ai commencé il y a quelques mois à proposer ces outils, que ce soit en accompagnement individuel ou lors de séminaires.

Peter Koenig, après des années d’activité dans la finance et l’immobilier notamment, s’est interrogé de manière très profonde sur la manière dont les questions d’argent étaient généralement vécues, dans le monde de l’entreprise mais aussi dans le secteur non-marchand. En effet, il lui semblait que de nombreuses questions pouvaient être abordées de manière sereine et « objective », alors que lorsqu’il était question d’argent, soit on n’en parlait pas, soit les débats donnaient lieu à des discussions parfois virulentes, voire de sévères empoignades.

Au fil de ses recherches, il lui est apparu que l’argent n’était, en réalité, pas ce que l’on croit. Plus précisément, il a constaté que l’argent n’est que le réceptacle de nos projections inconscientes: il en est, en quelque sorte, le miroir.

Prendre conscience de ces projections et leur donner leur juste place, c’est-à-dire les regarder comme faisant partie de nous, c’est s’ouvrir à un espace incommensurable de liberté. Les mouvements d’argent, portés par une intention consciente, deviennent alors des vecteurs de cette intention, ni plus ni moins. En demander, en recevoir, en donner ou en refuser deviennent des mouvements paisibles et même joyeux.

Ce travail permet de relativiser la nécessité de « gagner sa vie »: celle-ci nous est donnée et nous n’avons rien à faire pour la mériter. Il dimiue le ressentiment ou la jalousie que l’on peut ressentir face à « l’argent-roi ». Il nous libère de la peur d’en manquer… ou d’en avoir trop.

Mon plus beau cadeau, ce sont des personnes que j’accompagne et qui me disent qu’elles peuvent désormais parler d’argent, en dépenser ou en garder, avec sérénité. Elles savent aussi que les conflits d’argent ne sont jamais tels: la question de l’argent est en réalité le cache-sexe d’enjeux bien plus profonds. Elles en sont conscientes et appréhendent d’une toute autre manière les discussions à ce sujet.

La prise de conscience de notre relation à l’argent devient alors un important facteur de paix intérieure et de relations apaisées avec les autres et le monde.

L’argent devient le nerf de la paix!

Une expérience à vivre en accompagnement individuel ou en séminaire.

Le droit au service de la relation

 Dans le droit d’aujourd’hui, de la Faculté à la pratique, on court le risque de perdre de vue le fait central qui a rendu les lois nécessaires à l’origine : le fait que nous sommes formés et existons à travers un réseau de relations. Nos lois sont construites pour les relations. Elles les renforcent en clarifiant et en rendant obligatoires les droits et les responsabilités que la vie en société implique. Toutefois, ce n’est qu’en lien avec la nature relationnelle des êtres humains que la loi fait sens. Et pourtant nous donnons aux lois qui entourent la relation plus d’importance qu’aux relations elles-mêmes, permettant ainsi à la science juridique de prendre le pas sur l’humanité. »

Steven KEEVA, Transforming Practices, Finding Joy and Satisfaction in The Legal Life”, Tenth Anniversary ed., Am. Bar. Ass., 2009, cité dans Kim WRIGHT, Lawyers as Changemakers. The Global Integrative Law Movement, Am. Bar. Ass., 2016, pp.297-298 (traduction libre)

A voir la manière dont se déroulent certains litiges, dans les salles d’audience, dans les cabinets d’avocats ou dans les études notariales, on pourrait avoir l’impression qu’il n’y est question que de faits auxquels on applique le droit.  On se dispute sur les faits, la preuve des faits, puis sur le droit applicable et encore sur la manière de l’appliquer.

Tous ces mouvements, toute cette énergie dépensée, pourraient presque nous faire oublier qu’au cœur de tout litige, qu’elle qu’il soit, se trouve toujours une relation. Relation de couple, relation familiale, relation contractuelle, relation entre associés, entre client et fournisseur, etc…

Les lois sont des constructions mentales, des mythes, destinées à encadrer ces relations. C’est leur finalité. Elles sont nées parce que l’être humain a éprouvé la nécessité de s’organiser pour mieux répondre à ses besoins. Cette organisation a pris la forme de règles que les membres d’une société sont censés suivre.

Toutefois, ces lois ne font pas la relation : elles sont destinées à la servir. Lorsqu’un conflit surgit, s’appuyer exclusivement sur les règles de droit pour le résoudre, c’est faire abstraction du substrat initial que constitue la relation.

En d’autres termes, le recours au droit et plus encore à l’institution judiciaire revient à amputer la réalité de la relation d’une bonne part de sa substance. Le droit constitue une prisme de perception produit une réalité diminuée (et non augmentée). Il est logique dès lors que les solutions qui vont émerger sur la base d’une lecture exclusivement juridique d’un problème ne peuvent qu’être insatisfaisantes ou frustrantes.

Aujourd’hui, de plus en plus de personnes ressentent une espèce d’insatisfaction, de lassitude, une impression de vide et de gesticulations inutiles lorsqu’il est question de procès. Dans le meilleur des cas, un bref sentiment de victoire traversera celui qui aura le sentiment de « gagner » une négociation ou qui recevra un jugement qui lui est favorable. Sentiment de courte durée généralement. Car la négociation ou le procès axés exclusivement sur la loi est incapable de soigner la relation.

J’ai la conviction que les relations, une fois nouées, ne cessent jamais, bien que ce soit plus visible dans certains cas que dans d’autres.

Les époux divorcés seront en relation pendant des années s’agissant de leurs enfants.  Non seulement tant que les enfants sont mineurs ou qu’il y a nécessité de communiquer sur la manière de prendre en charge leurs besoins. Mais la relation se poursuit encore ne fût-ce que parce qu’il y aura les épreuves et les joies vécues par les enfants communs, l’arrivée des petits-enfants, etc…

Même le DRH d’une grande entreprise, qu’il le veuille ou non, porte en son cœur toutes les joies et toutes les difficultés qu’il a rencontrées avec les salariés qu’il a embauchés ou licenciés.

Les associés qui se sont déchirés gardent le plus souvent en eux l’amertume d’un projet avorté ou d’une affaire qui a mal tourné. Cette mémoire de la relation est toujours là et à vocation à poursuivre son œuvre.

Le bailleur qui a vu son logement dégradé ou le locataire qui s’est senti abusé : l’un comme l’autre garderont cette expérience douloureuse en eux pour longtemps.

Bref, ces relations nous forgent, de même que nous sommes ce que nous en faisons. Nous nourrissons ces relations et ces relations nous nourrissent.

Nos interactions avec les autres, notamment dans le conflit, produisent des conséquences sur nous-mêmes. Selon que je suis dans une énergie vengeresse ou une volonté de domination, ou encore dans une attitude compassionnelle, mon propre Moi va se comporter et évoluer différemment, sans même à ce stade tenir compte de l’effet que la réaction de l’autre peut produire sur moi. Il s’agit d’abord d’une relation de moi avec moi. L’intention que je décide de mobiliser me construit.

L’intention belliqueuse ou vindicative est présente en moi tout comme l’est celle de la compassion ou de la compréhension de l’autre. En choisissant de nourrir l’une ou l’autre de ces intentions, je décide de ce qui grandira en moi. La volonté de dominer ou la compassion ? Qu’est-ce qui me donne plus de joie et de paix ?

En d’autres termes, bien souvent, je ne suis pas « victime » des comportements de l’autre comme s’il s’agissait d’une fatalité. Ce mécanisme compulsif, consistant à nourrir l’une ou l’autre de ces intentions est très largement inconscient. Je suis a priori convaincu que ma position de victime cherchant réparation ou d’agresseur visant à imposer mon point de vue est la bonne, voire qu’elle est la seule possible.

Nous avons intégré ce mécanisme au fur et à mesure de nos expériences de vie depuis notre prime enfance. Si je me sens agressé, est-il plus sûr pour moi de répondre par l’agression ou de pardonner ? Suis-je plus en sécurité si je choisis l’affrontement ou la fuite ? Est-il plus confortable pour moi de renoncer à mes besoins pour mettre fin à un conflit ou de les imposer à l’autre ?

Ces automatismes sont comme des autoroutes de mon inconscient. A tel stimulus, je réponds par tel comportement. Tout en ayant la conviction que ce comportement est celui qui m’est dicté par les circonstances et qu’il est le seul ou à tout le moins le meilleur pour moi.

Ces comportements nous ont sans doute été utiles par le passé dans certaines circonstances. Mais en agissant ainsi de manière compulsive, il est fort possible que nous nourrissions des sentiments qui nous font souffrir. Nous génèrons inconsciemment notre propre souffrance tout en étant persuadés que la cause en est extérieure.

Nos sociétés modernes ont largement processualisé les conflits. Certes, le recours à un tiers pour trancher les conflits a constitué une évolution appréciable par rapport à la vendetta qui a pu prévaloir dans des sociétés anciennes (et qui est toujours présente dans certaines structures sociales). Toutefois, bon nombre d’entre nous prennent conscience de ce que le recours exclusif au droit ou à la figure du juge présente des limites étroites qui deviennent difficilement supportables.

Ainsi, un procès constitue pour les parties une forme de dépossession de leur maîtrise sur l’émergence d’une solution. Nous nous en remettons à un tiers, a priori extérieur à la relation objet du conflit, pour trouver une solution. Il y a quelque chose de profondément infantile à agir de la sorte. Nous recourons au juge comme les enfants au « pion » dans la cour de récréation, parce que nous ne nous sentons pas capable de résoudre le conflit sur base de nos propres ressources ou que la seule solution que nous envisageons serait de nature violente, alors que les normes sociales que nous avons intégrées ont tendance à la condamner. Nous acceptons comme réelle la fiction que représente le droit mais espérons des solutions bien réelles.

Mais si nous prenions conscience de notre propre capacité à provoquer une autre situation que celle dont nous souffrons, sans doute serions-nous plus enclins à prendre en main la résolution de nos conflits.

Pour être utilement mobilisé, je pense que le droit doit être au service de la réparation de la relation. Bien souvent, la question que le client apporte à l’avocat ou le problème que l’avocat apporte au juge ne touche pas au véritable enjeu du conflit. Il ne s’agit pas tant de savoir qui a tort ou qui a raison que de trouver un chemin dans lequel chaque partie se sent respectée et écoutée. Ainsi, la somme d’argent réclamée en justice signifie autre chose que des chiffres espérés au bas d’un jugement. Se cache bien souvent derrière ces chiffres le sentiment d’avoir été trahi, trompé, abusé ou tout simplement injustement traité. Il peut y avoir un désir de reconnaissance, la recherche d’une expression de gratitude, un besoin d’exister qui a été nié.

Bien sûr, je me garderai de généralisation abusives. De nombreuses personnes ne sont pas disposées à quitter la posture selon laquelle dans tout conflit il doit y avoir un gagnant et un perdant. Et pour ces personnes, sans doute une négociation classique ou mieux encore un bon procès constitueront des réponses adéquates. De nombreux avocats pourront les soutenir dans cette démarche et c’est très bien ainsi.

Mais je pense que toutes les personnes qui se sentent emprisonnées dans un conflit ou dans un procès, dont les ressources physiques, émotionnelles ou matérielles sont épuisées, trouveront dans nos propos un certain réconfort : une autre solution est possible.

Une solution fondée sur un travail de conscience, sur l’identification et le respect de ses propres besoins et de ceux de l’autre, sur la reconnaissance de ce que la relation a apporté de bon aux deux parties et sur la souffrance qu’elle a causée, sur la recherche de la manière la plus appropriée de mettre fin à cette souffrance.

Pour être à même d’accompagner une telle posture, les avocats sont appelés à compléter les compétences techniques dont ils disposent par des formations dans des domaines non juridiques. De la pratique de la méditation de pleine conscience à la communication consciente, en passant (pour ce qui me concerne) par la libération de sa relation à l’argent et les principes « Source », toutes ces compétences sont utiles tant au bien-être de l’avocat lui-même que du meilleur service rendu à ses clients.

Tous les praticiens du droit ne partageront pas mon point de vue, et c’est très bien ainsi. En revanche, je pense qui si l’on veut développer les modes dits « amiables » de règlement des conflits, on ne peut qu’encourager les avocats à effectuer un profond travail sur eux-mêmes et à accroître ainsi leurs compétences émotionnelles et relationnelles.

C’est ainsi que nous contribuerons, je le crois, à construire un système de justice pour aujourd’hui et demain.

Séminaire

4 et 5 juin 2022

Mon rêve le plus cher

Prenons le risque de vivre la vie que nous aimons.
Saisissons la chance de nous enrichir, avec et sans argent.

Nous vous proposons :

  • d’explorer ces initiatives qui germent en vous et ne demandent qu’à éclore
  • d’amener à la conscience comment les freins, essentiellement financiers, peuvent être levés et transformés en atouts
  • de déterminer votre stratégie pour vous assurer le soutien de partenaires engagés et attirer les ressources nécessaires
  • d’apprendre à utiliser des méthodes simples et efficaces qui vous rendront autonomes

Formation incluant le PeterKoenigSystem®

Réjoignez-nous pour ce séminaire à Bastogne (Belgique)

Plus d’infos ci-dessous:

Un désir d’expansion illimitée

credit Samuel Zeller

Tout être humain porte en lui un désir d’expansion illimitée.  Nous voulons sans cesse être « mieux », être « meilleur », « plus compétent » etc..

Notre expérience physique nous ramène toutefois sans cesse à nos limites.  C’est pourquoi nous projetons sur des objets extérieurs cette quête de l’infini.  Ah si seulement nous avions plus d’argent, plus de propriétés matérielles, plus de temps, plus de reconnaissance, plus de pouvoir, …  Cette attitude nous condamne à la frustration, pour ne pas dire au malheur.  En effet, aucun de ces éléments ne sera jamais illimité, alors que fondamentalement c’est ce que nous recherchons. 


La seule véritable source d’expansion illimitée est notre conscience.  Elle ne souffre que des limites que nous lui imposons.  En la laissant croître, en la nourrissant, nous pouvons espérer satisfaire chaque jour davantage notre soif d’infini.

L’argent constitue sans doute dans nos sociétés actuelles le meilleur exemple des limitations que nous imposons à notre conscience, le plus souvent sans même le savoir.  Prendre conscience de ce que nous projetons sur l’argent nous amène à explorer l’infini en nous.  Cette exploration de notre richesse infinie peut alors rayonner dans toutes les dimensions de notre vie intérieure et de notre relation au monde, avec et sans argent.

Justice: de la plainte à la conscience

Tout d’abord, vous dire d’où je parle. Magistrat durant 18 ans, chef de corps durant 5 ans, j’ai occupé un certain nombre de fonctions dans l’institution judiciaire. Démissionnaire depuis quelques mois, j’ai pris le temps de poser un regard sur mon expérience personnelle mais aussi sur l’institution dans son ensemble. En partageant mes réflexions, mon intention consiste à nourrir le débat dans la perspective, peut-être illusoire, d’un meilleur fonctionnement de l’institution, au service de la collectivité.

Parmi les évidences qui me sont apparues durant ma carrière et qui me semblent aujourd’hui plus claires encore, la première a trait aux plaintes incessantes de membres de l’institution qui s’expriment dans les médias et à l’intérieur même de l’institution. Ces magistrats sont de grands plaignants, et cela agace manifestement leurs interlocuteurs, surtout politiques. Manque de magistrats, de personnel, de bâtiments, d’outils informatiques, d’imprimantes puis de papier pour les imprimantes, etc… La seule chose qui ne manque pas, ce sont les raisons de se plaindre.

Loin de prétendre que ces plaintes soient sans fondement, je m’interroge sur ce qu’elles expriment réellement de l’institution. Une grille de lecture intéressante de cette question peut être trouvée chez KARPMAN (1) en assimilant, de manière certes audacieuse et discutable, l’institution à une personne. Il me semble en effet que l’institution judiciaire adopte volontiers la position de la victime dans le triangle dramatique (BOURREAU-VICTIME-SAUVEUR). La victime pleure sur son sort et veut à tout prix attirer la commisération, appelant à l’intervention d’un sauveur. Inconsciemment, si l’on suit KARPMAN, elle ne nourrit toutefois aucun véritable espoir ni désir de sortir de sa position, dans laquelle elle se sent bien.

Imaginons en effet que les appels incessants de l’institution à davantage de moyens soient entendus, imaginons qu’un jour elle dispose de toutes les ressources qu’elle souhaite obtenir (où est la limite…?). Que se passerait-il? Qu’aurait-elle à perdre?

Sortir de sa position de victime, c’est faire face à ses propres manquements et regarder honnêtement ce qui, dans nos comportements, contribue à ce que que nous soyons traités ainsi par les autres. Qu’a fait la justice pour contribuer à être méprisée par ses pourvoyeurs de fonds? La réponse -facile- consiste à dire que les politiques ont peur d’une justice indépendante et que lui couper les ailes constitue le meilleur moyen de la museler. Vu le faible nombre de dossiers politico-financiers et surtout les peines très symboliques (quand il y en a) auxquelles ils aboutissent souvent, je ne suis pas convaincu que les politiques aient réellement peur de la justice. D’aucuns aiment à se convaincre du contraire mais j’en doute… Mais l’essentiel consiste ici à prendre conscience de ce que cette accusation envers les politiques revient une fois encore à ne rechercher de responsabilités qu’à l’extérieur, sans se regarder soi-même.

Se plaindre perpétuellement constitue donc la meilleure manière d’échapper à ce questionnement, en maintenant aussi le politique dans sa situation de bourreau (mais parfois aussi de sauveur, surtout à l’approche des élections ou s’il s’agit d’un parti d’opposition, autrement dit, quand ça n’engage à rien). A contrario, cela démontre me semble-t-il que pour sortir du triangle dramatique, il n’est nullement nécessaire de recevoir des moyens nouveaux. Bien au contraire, si l’institution décidait consciemment de quitter sa posture de victime (largement consentante), elle pourrait espérer provoquer une réaction, non pas d’un sauveur ou d’un persécuteur, mais bien d’interlocuteurs adultes et raisonnables, y compris au sein du monde politique.

Le chemin pour abandonner cette posture consiste notamment à déterminer et exprimer ce que l’institution judiciaire prétend apporter au monde. En définitive, la première question n’est-elle pas : quelle contribution apporte-t-elle à la vie en société et qu’aurait-on à gagner en lui donnant plus de moyens? Plus de magistrats, plus de jugements, plus de processus, plus de dossiers, c’est certain mais … plus de Justice?

Actuellement, l’institution judiciaire peine à exprimer une véritable vision. Tout au plus est-elle capable de produire des objectifs quantitatifs, et encore. Elle ne se donne même pas les moyens de mesurer s’ils sont véritablement atteints. A ce sujet, elle est d’ailleurs en proie à des querelles intestines qui opposent aux deux extrêmes les « anciens », qui prétendent que la valeur de leur métier ne se prête pas à une quantification de boutiquier, et les « modernes » qui se croient tels parce qu’ils utilisent des méthodes de management datant pourtant des années 80, voire plus anciennes encore. Le travail sur la vision impliquerait une oeuvre collective, et donc presque contre-nature, mobilisant tant les membres du siège que du parquet. Or, ces deux piliers se voient le plus souvent comme adversaires dans la course effrénée à la plus grosse part du maigre gâteau qui leur est offert. Tout cela se sait, se sent. Tant en dehors qu’au sein de l’institution judiciaire. Cela ne suscite sans doute pas un grand enthousiasme à l’idée de lui conférer plus de moyens! Et surtout cela ne pose pas l’institution en interlocuteur crédible.

Lors d’un séminaire sur les « contrats de gestion », que l’on prétend imposer à l’institution judiciaire pour la « moderniser », j’avais soulevé cette question en indiquant qu’à mon sens, il n’était pas possible de s’engager à poursuivre des objectifs qui ne découlaient pas d’une vision globale. C’est du reste ce que l’on enseigne dans les écoles de management (même si l’on y confond souvent vision et stratégie… mais c’est un autre débat). Les réponses à ma question furent affligeantes: finalement, la vision, ce n’est pas indispensable… Et lorsque le débat porta sur le point de savoir qui devait élaborer cette vision, les magistrats unanimes ont scandé que cela relevait de leurs prérogatives, et certainement pas du politique, comme si la justice leur appartenait. En attendant, rien n’émerge…. Il n’existe aucun document commun à l’institution judiciaire décrivant une véritable vision globale à l’aune de laquelle une stratégie pourrait être déclinée.

Je pense pour ma part que, pour paraphraser Clémenceau, la justice est une affaire trop sérieuse pour être laissée aux seuls magistrats. A quand un Ministre de la Justice, un magistrat, un député pour prendre l’initiative d’exposer une vision et organiser un large débat sur ce thème?

Le propre d’une institution séculaire n’est sans doute pas une propension pour le questionnement profond sur elle-même. Peut-être en a-t-elle peur?

Et pourtant, l’institution ne manque pas de ressources externes (la littérature abonde sur ce sujet) ni internes. De nombreux magistrats et membres du personnel administratif s’interrogent également sur le sens de leur action et débordent d’enthousiasme et de motivation, … qui finissent souvent en désengagement, en burn-out, voire en démission, au sens propre comme au sens figuré. La seule réponse qui puisse leur être apportée consiste-t-elle à en rendre responsable le « manque de moyens » ou, pire, leurs propres manquements?

Voyant désormais les événements de l’extérieur, je suis davantage convaincu encore que ce travail d’émergence d’une vision porteuse de sens constitue la seule voie vers une véritable justice consciente d’elle-même, dotée de moyens adéquats.

(1) Voy. p. ex. B. RAQUIN, Sortir du triangle dramatique: ni persécuteur ni victime ni sauveteur, Jouvence, Saint-Julien-en Genevois, 2014, 94 p.